Journal d'une chasseuse

Mémoires de Femme qui se rêve Maman …

Sujet très personnel selon l’histoire de chaque femme, mon souhait d’avoir des enfants a connu plusieurs étapes. Dans ces mémoires, je vous confie ces bouts de mon histoire face au désir d’enfant.

Mémoire n°2

 

Course à la guérison
Passée l’étape du besoin physique, un profond désir de concevoir s’est peu à peu installé en moi. Créer la vie est alors devenue une pensée obsédante. Je me suis donc plongée dans une recherche active de guérison et de développement de fertilité par la même occasion. Renforcement de mon hygiène de vie par l’alimentation, pratique d’activités sportives, relaxation, méditation, séances de réflexologie, d’acupuncture, de shiatsu, auto-massage, aromathérapie, plantes médicinales, compléments alimentaires, endo-coaching (avec notre super Nanaturopathe Chris Martin), psychothérapie, littérature spécialisée, suivi approfondi de mes cycles… Je m’étais programmée un entraînement intensif pour participer aux championnats mensuels des « Accrocs aux bébés » . En mode warrior, je ne lâchais rien et je trouvais tout les jours une nouvelle idées pour décupler ma force fertile et guérisseuse. Rester dans l’action, ne pas réfléchir. Et tout les 28 jours, je perdais la compétition. Pas de bébé et toujours malade.

Obsession maladive
Chaque mois, avec seulement quelques jours de retard de règles (ce qui m’arrivait fréquemment), je réalisais un test de grossesse. J’esperais désespérément voir apparaître le smiley magique fièrement publié par toutes les autres femmes sur les réseaux sociaux, sauf moi. Cet examen routinier a pris l’allure d’une véritable torture. Mon cerveau et mes émotions se déchaînaient. J’en arrivais même à accuser ce foutu test de déclencher mes règles. C’était peut-être lui le responsable ? En plus, faire le tour des pharmacies, honteuse que l’on démasque mon obsession et que l’on comprenne les échecs auxquels je faisais face, commençait à m’énerver. Après tout, ils pourraient proposer des packages à prix réduit pour obsédées de grossesse. Au moins, ce serait clair. Enfin, après une dizaine d’échecs, terminé les tests. Cela m’a valu des économies non négligeables, un petit geste pour la planète (et oui, les tests ne sont pas biodégradables) et plus besoin de planquer mes paquets dans les toilettes. Mais, sans surprise, l’angoisse du questionnement mensuel demeurait et redoublait d’intensité.

Si vous y parvenez, suivez le fil de mes pensées : « Whouaaah ! Est-ce que je suis enceinte ? Allez, je m’autorise à le penser le temps que mes règles arrivent. C’est tellement bon d’imaginer que mon rêve se réalise enfin. Et si je me préparais à accueillir un bébé, ça le pousserait peut-être à venir ? Oh ! Non. Une nouvelle déception, ce serait trop dur. Mieux vaut que je me prépare à ce que ça ne fonctionne pas, une fois de plus. Comme ça, j’en souffrirai moins. Mais si jamais ça avait marché. Et si j’étais enceinte ? Je me sens nauséeuse, et tiens, ce serait pas un petit mouvement dans mon ventre ? Aaaaaah ! ».

Je pense sincèrement que la folie s’empare peu à peu de nous face au désir insatisfait d’enfanter.

Bazar émotionnel
Et puis les mois ont passés, et les années. Je me suis sentie peu à peu emprisonnée dans un cercle infernal, gouverné par des émotions puissantes de culpabilité, de colère, d’injustice, de tristesse et aussi d’envie. Comment accueillir sereinement la vie en soi au milieu de ce désordre ? Atteinte d’endométriose, je vis non seulement douloureusement mes règles mais elles me plongent aussi chaque fois un peu plus profondément dans le désespoir. Cher lecteur, si vous êtes proche d’une femme souffrante d’endométriose, désireuse d’avoir un bébé, sachez que la douleur physique liée à la maladie cumulée à la souffrance psychologique due à une infertilité est insupportable ! Rien ne peut nous consoler. En ce qui me concerne, la seule liberté que j’ai pu trouvé, c’est l’acceptation. Accueillir les émotions et les pensées qui se manifestent.
En résumé : pleurer devant les magasins contenant d’adorables décorations et mini vêtements, s’extirper des discussions tournant autour des enfants des autres pour grogner de colère, traiter de tous les noms les magnifiques femmes enceintes (qui se plaignent par dessus le marché !), détester les mignons petits bébés qui ne sont pas les miens. J’imagine que laisser sortir ce fratra émotionnel vaut mieux que de le garder à l’intérieur et le laisser pourrir. Cela n’empêche pas que ce soit une épreuve récurrente épuisante.

Ainsi, c’est sous un ciel bien nuageux que je poursuis mon chemin de Femme vers Mère.

La suite de mes mémoires à découvrir au prochain épisode…


Vous aussi vous souffrez d’infertilité ? Lâchez-vous et écrivez ici votre propre histoire en toute liberté.

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